Fausse vérité : le désenclavement du Pays Basque
Une LGV... qui n'est est pas une !
Contrairement à ce qui est affirmé, le tronçon du projet Sud-Europe-Atlantique situé au sud de Dax n’est en rien une ligne à grande vitesse. L’appellation LGV est volontairement utilisée par les partisans du projet mais il s’agit en réalité d’une ligne tout à fait « normale », c’est-à-dire accueillant des trains qui circuleront entre 100 et 220 km/h maximum (contre 100 km/h maximum sur la ligne actuelle). Cela vient du fait que la nouvelle ligne a été conçue par RFF comme devenant mixte (passagers + fret) au sud de Dax et, par conséquent, à vitesse limitée. Comme la ligne existante est elle aussi mixte, ce sont donc… deux lignes mixtes qui traverseraient en trajet quasi parallèle le couloir côtier du Pays Basque. Au vu du faible trafic de la ligne actuelle, le risque est donc de voir deux lignes vides sur une même bande de territoire !
Les partisans du projet estiment cependant qu’il permettra le « désenclavement » du Pays Basque. Il convient de leur rappeler que le territoire dispose d’ores et déjà de nombreuses infrastructures de transport (voir la rubrique : "Une balafre supplémentaire dans le paysage basque") et que le TGV continuera d’arriver à Bayonne comme il le fait aujourd’hui. La liaison rapide avec les capitales française et espagnole sera permise par les projets ferroviaires en amont et en aval du territoire (LGV Tours-Bordeaux et Y basque) et non par la LGV Bayonne-frontière elle-même (gain estimé de quelques minutes sur Paris-Madrid).
Ajoutons qu’il est fort probable que les trains circulant sur la nouvelle ligne ne s’arrêteront pas au Pays Basque mais fileront vers Paris et l’Espagne. Si le but est de gagner du temps, ce seront en priorité les trains de fret sans arrêt et des TGV internationaux en direction de l’Espagne qui y circuleront, sans doute sans même s’arrêter à Bayonne. Difficile, dès lors, de voir cette ligne comme un atout pour le territoire.